Description du projet

Karine Bourgeois

Biographie

“J’adore les moments de déséquilibre, juste avant de poser un pied”

Diplômée d’Etat en danse contemporaine depuis 2002, Karine enseigne d’abord beaucoup avant d’intégrer l’équipe de la Cie Scalène (Grenoble) comme danseuse interprète. Elle part ensuite à Lausanne et continue sa formation d’interprète auprès de Corinne Rochet, Nicholas Pettit, Prisca Harsch et Marco Berretteni. Elle vit en Suède pendant 3 ans où elle performe comme danseuse free-lance notamment pour l’espace 3:e Våningen. Elle participe aux installations contemporaines orchestrées par Alexandra Pirricci à Göteborg et à Stockholm. De retour à Grenoble depuis 2016, elle poursuit son travail de création et de pédagogie. Elle fonde en 2017 la Cie å et se lance dans la création du triptyque Why does she cry? composé d’un solo, duo et trio avec Maroussia Ehrnrooth et Luisa Schöfer, toutes deux rencontrées en Suisse. Ce qui les intéresse est de montrer le côté “crapaud” que l’on a tous au fond de nous et que l’on n’ose pas montrer, toutes les failles, les défauts qui font que l’on est humain.
Why does she cry? est un work in progress. Karine continue à explorer le thème de cette pièce dans une quatrième version commencée avec un groupe de danseurs amateurs. Depuis 2018 Look at me ! est en réflexion. C’est un duo féminin qui se retrouve dans l’espace public et cherche à nous interroger sur la place des femmes quand elles sont à l’extérieur. Quels chemins ? Quelles distances ? Quelles stratégies pour se rendre invisibles ? Avec qui ? Quel alibi pour s’autoriser à être là ? Que s’empêchent-elles ? Parallèlement elle intègre le Collectif Pyxis composé de 5 danseurs et un musicien. Ils interviennent dans différents espaces urbains pour apporter un regard poétique et décalé aux paysages de la ville.  En 2020 elle rejoint la compagnie Between Atoms (Constance Delorme) comme interprète du trio Let me confess.

Création en cours

“Je décide de reprendre et dépoussiérer le triptyque Why does she cry?. Créé entre 2015 et 2017, ce solo, duo et trio sont toujours restés à l’état de work in progress. Le temps a passé, je me suis enrichie de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences mais les thèmes abordés sont, me semble-t-il toujours d’actualité.

‘Mon corps ne raconte pas toujours la vérité.
Je dois souvent lui construire une carapace pour montrer combien je suis forte.
Je ne veux pas qu’on puisse voir que je suis fragile alors je me cache, je me protège, je me lisse.
Cela me demande beaucoup d’énergie pour tenir dans cette armure. Mais je dois résister pour qu’on ne découvre pas mes faiblesses et mes contradictions.
Et si pour une fois je lâchais un peu prise ? Et si pour une fois je laissais mon corps se dévoiler, rester transparent ? Et si je laissais apercevoir mes failles et mes imperfections ?
S’abandonner pour mieux résister ?’

L’envie principale est de créer sans figer, de pouvoir garder la liberté de rester franc et sincère avec nos corps, de danser à chaque fois sans artifices. Une autre envie est de parler des relations humaines et de leur nature. L’idée est donc qu’on a besoin de se cacher derrière notre armure si on veut être intégré à la société. On doit adhérer à certains codes pour appartenir à un groupe. On ne peut pas montrer ses faiblesses et ses imperfections. On a besoin de
mentir. Mais sommes-nous conscients de cela ? Et si oui, cela signifie-t-il que nous sommes tous schizophrènes ? Dans un monde où la standardisation et l’homogénéisation deviennent la règle principale, est-ce que cela serait une solution, une possibilité, de se laisser aller pour mieux résister ?
Comment en se montrant plus naturel, en laissant entrevoir nos doutes, nos faiblesses, nos interrogations peut-on rester intéressant aux yeux des autres ? Et que deviendraient les relations humaines si on arrêtait de se cacher derrière une armure ? Est-ce que cela deviendrait le chaos ? Ou pourrait-on trouver un nouvel équilibre comme avec un mobile pour enfant sur lequel on aurait soufflé et qui retrouverait une nouvelle stabilité ? Le triptyque essaie de travailler sur l’image de soi que l’on donne à voir et celle que la société attend de nous. On découvre comment les préjugés, les injonctions ou autres remarques influencent nos comportements. A partir de cela on va être amené à chercher une faille qui permettrait de nous montrer tel que l’on est. On tentera à la suite d’un temps de folie de trouver un nouvel équilibre. Comme il est question de sincérité et d’une danse sans artifices, la gestuelle de ce triptyque va chercher à être au plus proche de ce que l’on est. On va laisser entrevoir des images de ce que l’on attend de nous ou dévoiler des failles de notre personnalité avec des gestes, des mouvements parfois théâtralisés mais jamais codifiés.”